18.05.2006

Souvenir d'un rêve prégnant

Extrait de Pour suites et Charmes sans fin
Chronologie des travaux de recherche poétique 1998

23 janvier 1998, minuit 5.
Terre Spirituelle.

Comme si j’avais couru pendant longtemps,
Que j’avais dépassé mon corps,
Outrepassé les droits de ma colonne
A conserver son privilège verticale.

Je courais de tous mes membres.
Mes mains, mes pieds, mes mains,
Et mes cuisses tendues à faire mal.
Toutes mes articulations craquent dans l’air pâle.

Je suis, je deviens, je reviens au fauve,
A l’animal porté, heureux dans le mouvement.
Que je chasse ou m’abuse ou me consterne
A force de contentement morbide ne
M’importe plus, je cours. A chaque foulée
Je deviens immortel et repousse le sol
Et me sens si humain car chaque pas me porte,
Et toutes les portes s’ouvrent,
Ou toutes les herbes plient.
La gueule ouverte, je ne peux plus m’arrêter.
Je parcours le pays sage de mes ancêtres,
Je ronfle et grogne à l’odeur des présences,
Ce que je suis devient terre,
Mon cœur devient rythme
Mon souffle devient chant,
Et j’ai devant moi l’univers tout entier
Que je traverse en pleurant de bonheur.

Laurent Alankin

18.04.2006

PAROLE D'HOMME

Murmures et Fracas (1994-1995)
Extrait du Mouvement Secondé (Poésie Urbaine)
de la Période Préliminaire (Parole d'homme)

080. PAROLE D'HOMME. II.95

Ton ventre rond
Ton ventre rond et ta main qui
N'ose pas s'éprendre
Extrémité indécise.
Adieu le bruit, les meubles déplacés
Je suis un peu de toi maintenant
N'est-ce pas.
J'aime bien le soir depuis
Que tu es là,
Je m'endors en pensant que nous deux
Nous partageons le même lit.
Ton ventre rond
Et ton nombril un peu gonflé
D'importance tout à coup.
Je suis heureux
Maintenu dans ta vie
Par un lien invisible
Que je veux protéger,
Je sais
Tu veux que je me taise
Pour l'écouter chanter.

Laurent Alankin

CELLE QUI VA DROIT AU COEUR

Murmures et Fracas (1994-1995)
Extrait du Mouvement Secondé (Poésie Urbaine)
de la Période Préliminaire (Parole d'homme)

067. CELLE QUI VA DROIT AU COEUR. I.95
à Laetitia B.

Au bout de la chaussée
Ta silhouette se profile
Ombre passagère.

Le jour s'assomme
De ses bruits du jour
Puis fait place au soir
Amoureux du noir,

Quelques secondes
Encore et je serai à toi
Rire de ton sourire,
Prévenant et maladroit,
Tonitruant imbécile
Q'un rien démonte.

Rester immobile surtout
Pour se fondre dans le mouvement
Parasitaire qui nous sépare,
Et décaler l'instant
D'un pas ou deux,
Avant de me retrouver
Dans tes yeux pleins de surprise
Tout pleins de cet amour
Qui se dévoile enfin
Fugitif et troublant,
Avant de disparaître
Derrière le masque de la joie.

Trop-plein d'odeurs en moi
Qui se révèlent,
Rappels inattendus de paysages
De chair et de larmes
Bientôt dérobés.

Il reste sur le sol une trace
Volatile de nos pas
Emportée par nos songes
Et nos deux corps serrés
Qui se laissent deviner.

Laurent Alankin

PERLE NOIRE

Murmures et Fracas (1994-1995)
Extrait du Premier Mouvement (Pauses poétiques)
de la Période Préliminaire (Parole d'homme)

051. PERLE NOIRE. XII.94
à Laetitia B.

Un peu de tendresse
Liée à mes poignets
Par tes sortilèges.

Sur les draps bleus
Ta peau s'accorde
En silence
A mes caresses.

Je distingue
Dans la pénombre
Le plaisir qui se cache
Au coin de tes yeux

Tes soupirs me bercent

Je vais me blottir
Contre tes hanches
Et m'endormir
Dans la lueur d'un souffle.

Laurent Alankin