18.04.2006

PAROLE D'HOMME

Murmures et Fracas (1994-1995)
Extrait du Mouvement Secondé (Poésie Urbaine)
de la Période Préliminaire (Parole d'homme)

080. PAROLE D'HOMME. II.95

Ton ventre rond
Ton ventre rond et ta main qui
N'ose pas s'éprendre
Extrémité indécise.
Adieu le bruit, les meubles déplacés
Je suis un peu de toi maintenant
N'est-ce pas.
J'aime bien le soir depuis
Que tu es là,
Je m'endors en pensant que nous deux
Nous partageons le même lit.
Ton ventre rond
Et ton nombril un peu gonflé
D'importance tout à coup.
Je suis heureux
Maintenu dans ta vie
Par un lien invisible
Que je veux protéger,
Je sais
Tu veux que je me taise
Pour l'écouter chanter.

Laurent Alankin

LE BRANCARDIER

Murmures et Fracas (1994-1995)
Extrait du Mouvement Secondé (Poésie Urbaine)
de la Période Préliminaire (Parole d'homme)

076. LE BRANCARDIER. II.95

"Je suis le brancardier d'un hôpital de fous"
Je suis sûr que vous me reconnaissez
Je suis muni d'une planche et d'un coéquipier
A la question "Cela vous atteint-il ?"
Je ne répondrai pas
Ceci est mon secret.
Je suis le brancardier d'un hôpital de fous
Je n'ouvre jamais la marche
Parce que je suis supersticieux
Tout mon travail consiste à décider
De quel côté sera le convoyé.
Dans trois cas sur quatre
Il me fait face
Et ses yeux me font mal,
C'est pourquoi quand le cas se présente
Je suis heureux de voir ses pieds
Ouvrir la marche à mon coéquipier.

Lorsque j'ai fini mon service
Je ne suis plus le brancardier
D'un hôpital de fous.

Je rends visite à ma fille qui est bien jolie
Et pendant que je la câline je regarde passer
Les brancardiers de son hôpital de fées.

Laurent Alankin

POÉSIE URBAINE

Murmures et Fracas (1994-1995)
Extrait du Mouvement Secondé (Poésie Urbaine)
de la Période Préliminaire (Parole d'homme)

075. POÉSIE URBAINE. II.95
à Marie de Closmadeuc et Guillaume de Castet.

Tout à coup
Dans la rue se soulève
Un air qui accompagne la lumière
Et prend ma main
Effleure mon visage et
Rafraîchit mes tempes
Je suis porté par un frais
Un frêle courant d'air
D'un trottoir à l'autre
D'un sourire à une mine
Et le temps ouvre mon coeur
Mon coeur troué
Qui siffle et joue enfin
Un petit air endimanché.

Laurent Alankin