28.03.2006
Dri
Dri est comédienne et chanteuse. Elle poursuit sa carrière artistique au Royaume Uni après avoir passé plusieurs années à Montréal, à l'École Nationale du Théâtre du Canada. Après notre histoire, elle est devenue mon amie, chère à mon coeur pour sa recherche spirituelle et artistique. A la relecture de ce texte, je me rends compte à quel point il faut poser sur le papier ce qui nous touche. Des années après, la trace de notre émotion est intacte, preuve éclatante que l'on a été vivant.
Extrait d'Affaires de Sens
(Chronologie des travaux de recherche poétique 2001)
Paris, 6 janvier 2001. (à une fée)
Dri
Toute la douceur de ton cou.
Pour moi tes caresses
Et le soupçon de ton souffle.
Eviter le partage des sens
Tout vivre et mordre
En perpétuel appétit.
Toute la sagesse de tes mains
Rondes silencieuses, feuilles délicates.
Pour moi le sang de ton cœur
Qui tonne et résonne sous mon oreille.
Emporter le silence
Et se saouler de bruit.
Parfumer ma peau avec la tienne
Jouir de tout cela, chaque jour, à chaque pas.
Laurent Alankin
08:40 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.03.2006
Ma France à Moi
Qui aurait cru que j'achèterais un jour un disque de rap ?
Qui aurait cru qu'"Incassables" extrait de son précédent album "Brut de Femme" attirerait mon attention au moment où je réalisais "Une sur Dix" sur la violence conjugale. Avec la sensation d'utiliser des mots différents pour parler des mêmes choses.
Est-ce que je m'attendais à avoir les larmes aux yeux et la gorge serrée à chaque écoute de Ma France à Moi, extrait de l'album Dans ma Bulle de Diam's ?

Alors voilà, c'est arrivé et ça tourne en boucle, avec la même émotion qui pointe son nez à chaque écoute.
Passé le dynamique "génération nan nan" qui fait sourire avec son petit refrain sifflé on ne s'attend pas mais alors pas du tout au réalisme de Ma France à Moi. On se demande d'ailleurs la manière dont la population va s'approprier ce carton absolu.
Diam's porte des valeurs universelles dans lesquelles chacun peut se retrouver. Le mixage de sa voix prend les sonorités d'un mégaphone pour faire monter l'émotion d'un discours au rasoir, témoin d'une incompréhension qui monte les communautés les unes contre les autres.
l'Album de Diam's est un mélange d'humeurs, à l'image de l'intimité qui se dégage des inter-titres. Entre la légèreté de titres comme Jeune Demoiselle ou Big Up et les histoires émouvantes décrites dans T.S, Car tu porteras mon nom, Petite Banlieusarde et surtout Par amour.
Alors on peut avoir des positions arrêtées sur les jeunes, sur la banlieue, sur les casseurs, sur le CPE, mais comment ne pas écouter la voix de la raison, celle de cette artiste, lorsqu'on écoute Marine :
"Marine,
Tu crois vraiment que t'es dans le vrai ?
Que t'as su saisir ta chance,
Et que ton avenir est tracé.
Marine,
Je ne suis pas de ceux qui prônent la haine,
Plutôt de ceux qui votent et qui espèrent que ça s'arrête.
T'as fais couler ce navire Marine,
J'ai peur du suicide collectif des amoureux en couleur.
...
Viens, viens,
Allons éteindre la flamme,
Ne sois pas de ces fous qui défendent le Diable.
Marine,
J'ai peur que dans quelques temps tu y arrives
Et que nous devions tous foutre le camps..."
Alors voilà, Diam's c'est pour vous, c'est pour moi, parce que l'on ne peut pas être d'accord avec tout, mais qu'avec des priori, les médias essayent de vous simplifier les problèmes avec des images chocs.
Mais l'émotion elle ne triche pas, elle vous serre le coeur et les tripes, elle vous rassemble, quelle que soit votre origine.
Laurent Alankin
Ma France à Moi (Dans ma Bulle / Diam's)
Ma France à moi elle parle fort, elle vit à bout de rêves,
Elle vit en groupe, parle de bled et déteste les règles,
Elle sèche les cours, le plus souvent pour ne rien foutre,
Elle joue au foot sous le soleil souvent du Coca dans la gourde,
C'est le hip-hop qui la fait danser sur les pistes,
Parfois elle kiffe un peu d'rock, ouais, si la mélodie est triste,
Elle fume des clopes et un peu d'shit, mais jamais de drogues dures,
Héroïne, cocaïne et crack égal ordures,
Souvent en guerre contre les administrations,
Leur BEP mécanique ne permettront pas d'être patron,
Alors elle se démène et vend de la merde à des bourges,
Mais la merde ca ramène à la mère un peu de bouffe, ouais.
Parce que la famille c'est l'amour et que l'amour se fait rare
Elle se bat tant bien que mal pour les mettre à l'écart,
Elle a des valeurs, des principes et des codes,
Elle se couche à l'heure du coq, car elle passe toutes ses nuits au phone.
Elle parait faignante mais dans le fond, elle perd pas d'temps,
Certains la craignent car les médias s'acharnent à faire d'elle un cancre,
Et si ma France à moi se valorise c'est bien sûr pour mieux régner,
Elle s'intériorise et s'interdit de saigner. Non...
C'est pas ma France à moi cette France profonde
Celle qui nous fout la honte et aimerait que l'on plonge
Ma France à moi ne vit pas dans l'mensonge
Avec le coeur et la rage, à la lumière, pas dans l'ombre.
Refrain(x2)
Ma France à moi elle parle en SMS, travaille par MSN,
Se réconcilie en mail et se rencontre en MMS,
Elle se déplace en skate, en scoot ou en bolide,
Basile Boli est un mythe et Zinedine son synonyme.
Elle, y faut pas croire qu'on la déteste mais elle nous ment,
Car nos parents travaillent depuis 20 ans pour le même montant,
Elle nous a donné des ailes mais le ciel est V.I.P.,
Peu importe ce qu'ils disent elle sait gérer une entreprise.
Elle vit à l'heure Américaine, KFC, MTV Base
Foot Locker, Mac Do et 50 Cent.
Elle, c'est des p'tits mecs qui jouent au basket à pas d'heure,
Qui rêve d'être Tony Parker sur le parquet des Spurs,
Elle, c'est des p'tites femmes qui se débrouillent entre l'amour,
les cours et les embrouilles,
Qui écoutent du Raï, Rnb et du Zouk.
Ma France à moi se mélange, ouais, c'est un arc en ciel,
Elle te dérange, je le sais, car elle ne te veut pas pour modèle.
Refrain x2
Ma France à moi elle a des halls et des chambres où elle s'enferme,
Elle est drôle et Jamel Debbouze pourrait être son frère,
Elle repeint les murs et les trains parce qu'ils sont ternes
Elle se plait à foutre la merde car on la pousse à ne rien faire.
Elle a besoin de sport et de danse pour évacuer,
Elle va au bout de ses folies au risque de se tuer,
Mais ma France à moi elle vit, au moins elle l'ouvre, au moins elle rie,
Et refuse de se soumettre à cette France qui voudrait qu'on bouge.
Ma France à moi, c'est pas la leur, celle qui vote extrême,
Celle qui bannit les jeunes, anti-rap sur la FM,
Celle qui s'croit au Texas, celle qui à peur de nos bandes,
Celle qui vénère Sarko, intolérante et gênante.
Celle qui regarde Julie Lescaut et regrette le temps des Choristes,
Qui laisse crever les pauvres, et met ses propres parents à l'hospice,
Non, ma France à moi c'est pas la leur qui fête le Beaujolais,
Et qui prétend s'être fait baiser par l'arrivée des immigrés,
Celle qui pue le racisme mais qui fait semblant d'être ouverte,
Cette France hypocrite qui est peut être sous ma fenêtre,
Celle qui pense que la police a toujours bien fait son travail,
Celle qui se gratte les couilles à table en regardant Laurent Gerra,
Non, c'est pas ma France à moi, cette France profonde...
Alors peut être qu'on dérange mais nos valeurs vaincront...
Et si on est des citoyens, alors aux armes la jeunesse,
Ma France à moi leur tiendra tête, jusqu'à ce qu'ils nous respectent.
...
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22.03.2006
DJ SHADOW
Endtroducing
Plaisir renouvelé à chaque écoute pour cet album de 1996 qui rassemble les airs les plus connus de DJ Shadow. Que ce soit le miraculeux Building Steam With a Grain of Salt, l'électrisant The Number Song ou le survitaminé Stem / Long Stem, vous ne vous lasserez pas de sitôt du Son SHADOW ! Gros coup de coeur pour les Transmissions 1, 2 et 3 à vous scotcher entre les morceaux (avec un sample qui rappellera de nombreux souvenirs horrifiés à tous ceux qui ont suivi la série Twin Peaks) !
A écouter, à ré écouter, à écouter en boucle !!!

DJ SHADOW
Endtroducing
Mowax Recordings / A&M Records Ltd. London - 1996
Réédité en 2005 en Deluxe Edition d'une partie de l'album
13:14 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
NELLY
Voyage dans le temps vers un autre recueil de poèmes.
Extrait de Sans Emploi (2002)
Montréal, 4 Avril 2002.
Nelly
Ce n’est pas la rage
Ce n’est pas l’absence
Pas même ce trop plein d’âme
Pas même cet écho moqueur
Mais quand je marche…
Ce n’est pas la faute
Ce n’est pas la mienne
Pas même celle qui me concerne
A peine celle qui éclabousse
Pourtant je marche…
Ce n’est pas ma vie
Celle que j’ai voulu
Pas ce dont j’ai rêvé
Mais que j’ai trahie
Arcan, Nelly, regarde-moi :
Je marche…
Ce n'est pas mon lit
Jamais je n'aurai cru ça
Ce ne sont pas mes draps
qui me tiennent à chaque fois
Ou qui rebondissent
Ce n'est pas moi dans la vitrine
A reluquer mon cul sous la robe
Pas même les billets qui me brûlent
Pas même pour voir si tout va bien
Si on a toujours envie de me faire tomber
Laurent Alankin
12:50 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.03.2006
UN CADEAU BON MARCHÉ
Murmures et Fracas (1994-1995)
Extrait du Premier Mouvement (Pauses poétiques)
de la Période Préliminaire (Parole d'homme)
044. UN CADEAU BON MARCHÉ. XI.94
Les bras ballants
Le sourire franc
Je suis parti mettre mon coeur en vu
Pour qu'on le prenne
Pour qu'on l'adopte
Et qu'on le choie
Il m'a été rendu
Personne n'en a voulu.
Pensez
Un coeur donné
C'est qu'il est périmé.
Laurent Alankin
18:15 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
NUIT BLANCHE
Murmures et Fracas (1994-1995)
Extrait du Premier Mouvement (Pauses poétiques)
de la Période Préliminaire (Parole d'homme)
017... NUIT BLANCHE. IV.94
Il n'y a aucune raison de pleurer
Nous nous sentons vivre dans le coeur de l'autre
Chacun de notre côté.
Laurent Alankin
18:10 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
PÉPITE D'ENFANCE
Murmures et Fracas (1994-1995)
Extrait du Premier Mouvement (Pauses poétiques)
de la Période Préliminaire (Parole d'homme)
021. PÉPITE D'ENFANCE. V.94
Je vais marcher jusqu'à la lune
Pour y cueillir un brin d'innocence
Un zeste de rien
Trois sous à peine pour mon bonheur
Je vais marcher jusqu'à la lune
Pour y vieillir à tes cotés
Un peu jaloux
Un peu voyou
Pour y planter nos fleurs d'amour
Nos p'tits bouts d'chou
Not' petite verdure
Nos herbes folles
Nos caresses et nos rires palpitants
Comme le premier baiser que nous avons partagé ensemble.
Laurent Alankin
18:10 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
FRACTIONS ARMÉES
Murmures et Fracas (1994-1995)
Extrait du Premier Mouvement (Pauses poétiques)
de la Période Préliminaire (Parole d'homme)
016. FRACTIONS ARMÉES. IV.94
... Je sens qu'on me cible
Je sens qu'on m'otage
Et ma tête qu'on percute ...
Laurent Alankin
18:10 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
RÉVEIL
Murmures et Fracas (1994-1995)
Extrait du Premier Mouvement (Pauses poétiques)
de la Période Préliminaire (Parole d'homme)
009. RÉVEIL. I.94
Les volets se soulèvent dans l'air.
Nous comptons les traces de soleil
Sur le mur puis sur le plafond.
La brise esquisse des taches vertes brouillées.
On sent le temps qui se balance
Pas tout à fait frais
Mais plus tard surement
Un peu plus chaud.
La tendresse voluptueuse des draps froissés
Le souffle calme des bêtes au dehors
Le sifflement ténu d'un homme au loin qui passe.
Toutes ces heures suspendent
Les secondes qui déambulent
Et se répandent comme perle la sueur.
Je ramasse le fruit de tes yeux
Derrière toi mon corps se rapproche un peu plus
Pour profiter du courant de l'air tiède.
De caresses en odeurs
Les timbres et les sonorités sourdent
Apaisent et murmurent
Jaillissent et se fondent tour à tour.
Quiétude et
Lumière
S'élancent enfin et rapprochent de nous les persiennes
Qui font écho avec les branches solitaires
Ton coeur se bat.
Laurent Alankin
18:05 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
VELOURS
Murmures et Fracas (1994-1995)
Extrait du Premier Mouvement (Pauses poétiques)
de la Période Préliminaire (Parole d'homme)
003. VELOURS. V.93
Il y a des journées qui
Se brisent au fond des cours
Alors que le soleil brunit les pierres.
Les murs sentent monter la colère
Et le bois craque
Les regards se dressent vers le ciel et prient.
Une odeur de terre éclate dans l'air
Et enveloppe les poutres.
Le sol se fige
Un dernier instant,
Puis l'orage éclate.
Laurent Alankin
18:00 Publié dans Poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note






